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    mercredi 23 septembre 2026

    Les Lieutenants Kabyles de l'Émir Abdelkader

    Les Lieutenants Kabyles de l'Émir Abdelkader

     


    Après la signature du traité de la Tafna en Mai 1837, l'Émir Abdelkader concentra ses efforts sur la Kabylie, étant conscient que «l’ensemble kabyle, s’il se disposait à entrer en guerre à ses côtés, lui aurait donné un accès aisé à la capitale de l’Est algérien : Constantine » (1).


    I. Première tournée : Janvier 1838


    Si Ahmed Tayeb Ben Salem

    Après une tournée à Boussâada, il se rendit à Hammam Kessana dans la région de Bouira. Durant son séjour dans cette région qui l’accueillit avec un faste digne de sa filiation, de son rang et de sa personne, l’Émir Abdelkader « désigna Si Ahmed Tayeb Ben Salem, le chef prestigieux des Béni Djaâd, comme son Khalifa pour le représenter dans le Sébaou, l’oued Sahel et toute la Kabylie » (2).

    Après l'investiture de Si Ahmed Tayeb Ben Salem, l’Émir installa son camp à Bouira. Il s’assigna alors deux principaux objectifs : organiser la région, notamment pour contribuer à la lutte contre les français, et persuader ceux encore hostiles ou hésitants, à se rallier au combat contre l'envahisseur français. 

    Mettant à profit une rencontre avec les notables et les chefs de la Kabylie, l’Émir leur présenta son Khalifa Si Ahmed Tayeb Ben Salem, dont il a épousé la fille Aïcha pour sceller un peu plus l’alliance, et leur demanda de se mettre sous son commandement.


    Hadj Mohamed Ben Zaamoum, Belkacem Oukaci et Hadj Omar Mahieddine

    Poursuivant son organisation, et au fait des sensibilités tribales, l’Emir désigna ses lieutenants :

    • Hadj Mohamed Ben Zaamoum, agha des Flissa, 
    • Belkacem Oukaci, agha des Amraoua et des Issers, 
    • Hadj Omar Mahieddine, agha de Taourga et de Dellys, 

    qui rapportent à son Khalifa Si Ahmed Ben Salem. 

    Les tribus des Béni Djaâd et l’oued Sahel restaient sous le commandement du Khalifa en personne. 


    II. Deuxieme tournée : Été 1838


    Cheikh Ahmed Ou Belkacem

    La seconde visite de l’Émir Abdelkader dans la Kabylie eût lieu durant l’été 1838. L’Emir la voulait comme un parachèvement de l’organisation administrative de la Kabylie et une opportunité pour rallier les hésitants à la cause nationale. Il l’entama par Boghni où il installa cheikh Ahmed Ou Belkacem comme caïd de Guechtoula, non sans avoir auparavant mis en garde la population locale contre le danger du colonialisme français qui avait des visées sur la région.

    L'Émir passa ensuite une nuit a Tizi-Ouzou, puis se rendit à Dellys où il s’enquit des préparatifs de la région contre toute attaque des français. Après Dellys, l’Emir eût un long périple qui le mena jusqu’à Sidi Naâmane en passant par Timezrit et que Mohand Sghir Fredj, dans son ouvrage "Histoire de Tizi-Ouzou", résume comme suit : « Après Dellys, l’Émir se rendit à la zaouïa Sidi Amar Chérif près de Sidi Daoud, Haouch en’Nakhal dans les Issers, zaouïa de Boumerdès, Tizi n’Aït Aïcha (Thénia) où on lui réserva un accueil grandiose, Timezrit, point culminant de la montagne de Flissa, Tigounatine, village de Hadj Mohamed Ben Zaâmoum, Tamdirt (ou Tamdikt) des Flissa, où campait Ben Salem, puis Sidi Naâmane, chez les Amraoua, qui clôtura la tournée. »

    Après la Grande Kabylie, l’Émir se rendit en Petite Kabylie. Accompagné des chefs des Amraoua et des Flissa, il commença par Tamda d’où il rallia Akbou avant de continuer vers Bejaïa.


    Si El Djoudi

    L’Émir quitta Bejaïa par l'itinéraire de oued Sahel.  Ce passage lui permit de nommer au poste d’agha du Djurdjura Si El Djoudi, chef des Aït Boudrar, venu lui offrir ses services, L’Émir paracheva à la faveur de cette nomination l’organisation de la Kabylie. 

    Après une courte halte à Bouira, l’Émir retourna à Médéa.  Ainsi, s’acheva sa deuxième visite en Kabylie.


    III.  Troisième tournée : 1846


    La troisième et dernière visite de l’Émir en Kabylie intervint en 1846, une année avant que la résistance de l’Emir ne prenne fin. Par cette tournée en Kabylie, l’Émir voulait apporter de l’assurance aux populations locales, et les inciter à poursuivre le combat.

    Malgré la bataille qu’il engagea avec les troupes coloniales, son encerclement à Cherrak-Tebboul chez les Flissa, où il perdit à deux reprises son cheval lors de l’engagement avec les tirailleurs de l’Afrique, et les réunions qu’il tint avec les tadjemaât (assemblées locales), il ne put avoir l’engagement de poursuivre le djihad que de certaines tribus, à savoir les Beni Yenni, les Irathen, les Ouacifs et les Sedka. 

    Ce fût le dernier contact direct de l’Émir avec la Kabylie.


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    1) Le temps d’une halte. Rencontre avec l’Emir Abdelkader. Abdelaziz Ferrah.

    2) Histoire de Tizi-Ouzou. Mohand Sghir Fredj.

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